La Thaïlande recèle deux joyaux historiques majeurs qui fascinent les voyageurs en quête d’authenticité culturelle : Sukhothai et Ayutthaya. Ces anciennes capitales du royaume siamois, toutes deux inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, incarnent des périodes distinctes de l’histoire thaïlandaise et offrent des expériences radicalement différentes. Choisir entre ces deux destinations historiques soulève des questions pratiques concernant l’accessibilité, le temps de visite nécessaire, et surtout la nature de l’expérience culturelle recherchée. Alors que Sukhothai représente l’aube de la civilisation thaïe avec ses temples gracieux émergeant de vastes espaces verdoyants, Ayutthaya témoigne de la grandeur d’un empire cosmopolite à travers ses ruines monumentales marquées par les conflits birmans. Cette comparaison détaillée vous permettra de déterminer quelle destination correspond le mieux à vos attentes, votre itinéraire et votre vision du patrimoine historique asiatique.
Sukhothai Historical Park : patrimoine UNESCO et vestiges du royaume siamois
Le parc historique de Sukhothai s’étend sur près de 70 kilomètres carrés et abrite les vestiges de la première capitale indépendante du royaume de Siam, fondée au XIIIe siècle. Cette période, considérée comme l’âge d’or de la civilisation thaïe, a vu naître l’alphabet thaï moderne, développé sous le règne du roi Ramkhamhaeng. La disposition spatieuse du site contraste fortement avec la concentration urbaine d’Ayutthaya, offrant aux visiteurs une atmosphère paisible propice à la contemplation. Les temples de Sukhothai illustrent l’apogée de l’art bouddhiste theravada avec leurs proportions harmonieuses et leur intégration élégante dans le paysage naturel.
La zone centrale du parc, délimitée par d’anciennes fortifications, concentre les monuments les plus importants et nécessite à elle seule une demi-journée de visite approfondie. Les bassins de lotus qui entourent plusieurs sanctuaires créent des reflets photographiques exceptionnels, particulièrement au lever et au coucher du soleil. L’architecture de Sukhothai se distingue par ses stupas en forme de bouton de lotus et ses statues de Bouddha aux lignes fluides, incarnant une esthétique spécifiquement thaïe qui s’affranchit progressivement des influences khmères dominantes à l’époque précédente.
Le prix d’entrée pour la zone centrale s’élève à 100 bahts pour les adultes, avec des tarifs additionnels pour les zones périphériques. Ce système tarifaire segmenté permet aux visiteurs de moduler leur visite selon leurs intérêts et leur budget. Contrairement à Ayutthaya où les temples sont dispersés dans le tissu urbain moderne, Sukhothai bénéficie d’une préservation paysagère remarquable qui transporte véritablement les visiteurs dans le passé médiéval du royaume siamois.
Wat Mahathat et son iconique Bouddha entre les racines de banian
Le Wat Mahathat de Sukhothai constitue le cœur spirituel et architectural du parc historique, s’étendant sur plusieurs hectares avec son chedi principal entouré de 200 chedis secondaires. Ce temple royal servait de centre religieux pour la famille royale et abritait autrefois des reliques sacrées du Bouddha. La structure pyramidale du monument principal, flanquée de colonnes élancées, illustre la maîtrise architecturale atteinte durant cette période florissante. Les visiteurs peuvent déambuler entre les rangées de colonnes de briques latéritiques qui soutenaient jadis les toitures en bois, aujourd’hui disparues.
Attention à
garder en tête qu’il s’agit ici du Wat Mahathat de Sukhothai et non de celui d’Ayutthaya, souvent confondus dans les guides. À Sukhothai, l’intérêt réside moins dans un détail spectaculaire unique que dans l’harmonie d’ensemble : perspectives sur les étangs, silhouettes de Bouddhas assis et chedis en bouton de lotus qui se détachent sur le ciel, surtout à l’heure dorée. Pour profiter au mieux du site, il est conseillé d’arriver dès l’ouverture, vers 6h30–7h, afin d’éviter la chaleur et les groupes de visiteurs. Vous aurez alors presque l’impression d’arpenter une cité endormie, figée dans le temps, avec seulement le chant des oiseaux pour compagnie.
Wat si chum et le phra achana : bouddha assis monumental de 15 mètres
Situé dans la zone nord du parc historique, le Wat Si Chum est l’un des sites les plus impressionnants de Sukhothai grâce à son gigantesque Bouddha assis, le Phra Achana, haut d’environ 15 mètres. Enserrée dans un mondop de briques aux parois épaisses, la statue ne se révèle que progressivement au visiteur qui pénètre par un étroit couloir. L’ouverture verticale, semblable à une meurtrière monumentale, cadre le visage serein du Bouddha et crée un effet dramatique saisissant, particulièrement apprécié des photographes.
Au-delà de la dimension esthétique, le Wat Si Chum est chargé de symbolisme historique et religieux. Certaines chroniques racontent que les rois de Sukhothai utilisaient ce Bouddha pour galvaniser les troupes, la voix sortant d’une cavité dissimulée dans le mur, donnant l’impression que la statue elle-même s’exprimait. Les doigts allongés de la main droite du Bouddha, souvent recouverts de feuilles d’or par les fidèles, constituent un autre point fort de la visite. N’hésitez pas à vous attarder quelques minutes dans le silence du mondop : l’acoustique particulière et la lumière filtrée renforcent la dimension contemplative du lieu.
Architecture lanna et influences khmères dans les chedis de sukhothai
Si le style de Sukhothai est généralement identifié par ses chedis en forme de bouton de lotus, le parc historique révèle en réalité un fascinant mélange d’influences architecturales. Dans certains temples, vous reconnaîtrez la silhouette trapue et carrée typique des chedis de style Lanna, originaire du nord de la Thaïlande, rappelant les structures visibles aujourd’hui à Chiang Mai. Ces chedis massifs, coiffés d’une superstructure plus compacte, témoignent des échanges politiques et religieux entre les royaumes de l’époque.
À l’inverse, d’autres sanctuaires, comme le Wat Si Sawai, présentent des prang d’inspiration khmère, hérités de la période où l’Empire angkorien exerçait encore une influence sur la région. Ces tours-sanctuaires, aux décors sculptés plus élaborés, contrastent avec la sobriété élégante du style Sukhothai classique. En observant attentivement les chedis et prang du parc, vous verrez ainsi se dessiner, comme sur une carte en trois dimensions, les grandes lignes de l’histoire régionale : influences angkoriennes au début, affirmation progressive d’une identité siamoise, puis échanges constants avec les royaumes voisins.
Zones nord, sud et ouest du parc archéologique : temples hors sentiers battus
La plupart des visiteurs se concentrent sur la zone centrale de Sukhothai, mais les secteurs nord, sud et ouest renferment de véritables pépites pour ceux qui souhaitent sortir des sentiers battus. Au nord, en plus du Wat Si Chum, le Wat Phra Pai Luang présente l’un des prang khmers les mieux préservés du site, avec encore quelques stucs délicats visibles sur les parois. Cette zone moins fréquentée offre une ambiance plus sauvage, idéale si vous recherchez une expérience presque intimiste.
À l’ouest, les temples se nichent au pied de collines couvertes de végétation, comme le Wat Saphan Hin, accessible par un sentier pavé en pente. La montée, d’environ 300 mètres, mène à un grand Bouddha debout offrant une vue panoramique sur la plaine : un endroit parfait pour appréhender la topographie de l’ancienne capitale. Au sud, plusieurs petits sanctuaires épars, comme le Wat Chetuphon, permettent de saisir la diversité des formes architecturales développées à Sukhothai. Ces zones périphériques sont particulièrement recommandées aux photographes et aux voyageurs qui disposent de deux jours complets sur place.
Location de vélo électrique et circuits guidés dans le parc historique
Pour explorer efficacement le Sukhothai Historical Park, la location de vélo ou de vélo électrique reste la solution la plus pratique et la plus agréable. De nombreuses guesthouses et loueurs à New Sukhothai et dans l’ancienne ville proposent des vélos classiques dès 30 à 50 bahts par jour, tandis que les vélos électriques, plus confortables pour les longues distances et les fortes chaleurs, se louent généralement entre 200 et 300 bahts. Grâce à la topographie globalement plate du site et à la qualité des chemins, même les voyageurs peu habitués au cyclotourisme s’y sentiront rapidement à l’aise.
Si vous préférez bénéficier d’un éclairage historique plus poussé, plusieurs agences locales proposent des visites guidées du parc, en petit groupe ou en privé. Ces circuits, souvent assurés par des guides anglophones ou francophones, permettent de mieux comprendre le contexte politique, religieux et artistique de chaque monument. Vous hésitez entre visiter librement ou avec un guide ? Une option intéressante consiste à réserver une visite guidée d’une demi-journée pour la zone centrale, puis à explorer les zones périphériques par vous-même, en vélo, l’après-midi. Cette combinaison offre un bon équilibre entre autonomie et profondeur de découverte.
Ayutthaya historical park : ancienne capitale royale et ruines post-birmanes
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991, le Ayutthaya Historical Park couvre l’ancienne île fortifiée entourée de trois rivières ainsi que plusieurs secteurs périphériques. Fondée au XIVe siècle, Ayutthaya devint rapidement l’une des villes les plus prospères d’Asie du Sud-Est, un carrefour commercial où se croisaient marchands européens, chinois, japonais et indiens. Les récits des ambassadeurs occidentaux de l’époque la décrivent comme une métropole fastueuse, dotée de centaines de temples étincelants de dorures.
Cette splendeur prit brutalement fin en 1767, lorsque les armées birmanes mirent la ville à sac, incendiant les palais et décapitant de nombreuses statues de Bouddha. Les ruines que nous voyons aujourd’hui portent encore les stigmates de cette destruction, ce qui confère au parc une atmosphère très différente de celle de Sukhothai. Ici, l’émotion naît souvent du contraste entre l’ampleur des vestiges et leur état fragmentaire, comme si l’on se promenait dans les coulisses effondrées d’un immense théâtre historique. Ayutthaya est ainsi le lieu idéal pour appréhender la puissance qu’a pu atteindre le royaume de Siam avant la fondation de Bangkok.
Wat phra si sanphet : temple royal et emblème architectural d’ayutthaya
Situé au cœur de l’ancienne enceinte royale, le Wat Phra Si Sanphet est sans doute le temple le plus emblématique d’Ayutthaya. Ses trois grands chedis alignés, abritant les reliques de rois importants, forment une silhouette immédiatement reconnaissable que l’on retrouve sur de nombreuses brochures touristiques. Autrefois, ce complexe faisait partie intégrante du palais royal, et le temple était réservé exclusivement aux cérémonies de la cour, sans résidence monastique permanente.
Aujourd’hui, les visiteurs peuvent circuler librement entre les chedis et les bases des anciens bâtiments en briques, en imaginant les toitures en bois laqué et tuiles vernissées qui recouvraient jadis l’ensemble. Les escaliers abrupts des chedis ne sont plus toujours accessibles pour des raisons de sécurité, mais les différents angles de vue permettent de belles compositions photographiques, notamment en fin d’après-midi lorsque la lumière rase souligne les textures des briques. Pour enrichir la visite, il est intéressant de la combiner avec le Viharn Phra Mongkhon Bophit voisin, qui abrite l’une des plus grandes statues de Bouddha en bronze de Thaïlande.
Wat mahathat ayutthaya : la tête de bouddha enchâssée dans les racines
Le Wat Mahathat d’Ayutthaya est célèbre dans le monde entier pour une image devenue iconique : une tête de Bouddha enchâssée dans les racines d’un arbre banyan. À l’inverse de Sukhothai, où le Wat Mahathat se distingue surtout par son rôle central, c’est ici ce détail spectaculaire qui attire d’abord l’attention des visiteurs. On pense que la tête, tombée d’une statue décapitée lors du sac birman, a été lentement englobée par les racines au fil des décennies, illustrant de manière saisissante la manière dont la nature reprend ses droits sur les vestiges humains.
Le temple lui-même, fondé au XIVe siècle, était l’un des plus importants monastères royaux de la capitale, abritant jadis des reliques du Bouddha et une communauté monastique influente. En vous promenant parmi les chedis en ruine et les rangées de statues décapitées, vous percevrez intensément la violence de la destruction de 1767. Par respect pour les croyances locales, souvenez-vous que, lors de la prise de photos de la tête de Bouddha dans l’arbre, il est d’usage de s’accroupir légèrement afin de ne pas apparaître plus haut qu’elle sur le cliché.
Wat chaiwatthanaram et son architecture inspirée d’angkor wat
Édifié au bord de la rivière Chao Phraya au XVIIe siècle, le Wat Chaiwatthanaram est l’un des ensembles architecturaux les plus spectaculaires d’Ayutthaya. Son plan symétrique, centré autour d’un prang principal flanqué de chedis plus petits, rappelle clairement l’agencement d’Angkor Wat, ce qui témoigne de l’admiration et de la rivalité architecturale entre les royaumes siamois et khmers. Autrefois utilisé pour des cérémonies royales et comme lieu de crémation des membres de la famille royale, le site offre aujourd’hui un décor majestueux, particulièrement prisé au coucher du soleil.
De nombreuses restaurations ont permis de stabiliser les structures et de redonner lisibilité au plan, sans tomber dans une reconstruction excessive. Vous pouvez marcher le long de la galerie périphérique où se trouvaient autrefois plus d’une centaine de statues de Bouddha, dont certaines ont été partiellement restaurées. Le soir, lorsque les briques rouges se teintent d’orange et que les bateaux de croisière fluviale passent au fil de l’eau, on comprend aisément pourquoi ce temple figure souvent parmi les coups de cœur des voyageurs en Thaïlande.
Wat ratchaburana et ses cryptes souterraines aux fresques restaurées
Le Wat Ratchaburana, situé non loin du Wat Mahathat, est souvent moins fréquenté, alors qu’il offre une expérience de visite très différente grâce à ses cryptes souterraines. Fondé au XVe siècle par le roi Borommaracha II en mémoire de ses frères morts lors d’un duel pour le trône, le temple se distingue par son prang central de style khmer tardif, richement décoré. Des fouilles ont révélé que des trésors considérables, dont des bijoux et des objets votifs en or, étaient enfouis dans ses fondations, aujourd’hui conservés au musée national de Chao Sam Phraya.
L’un des points forts de la visite est la descente (lorsqu’elle est ouverte au public) dans les petites salles souterraines situées sous le prang, où subsistent encore des fragments de fresques bouddhiques. Bien que partiellement endommagées, ces peintures offrent un rare aperçu de l’art mural d’Ayutthaya avant sa destruction. Pensez à vous munir d’une lampe torche ou à utiliser celle de votre téléphone pour mieux apprécier les détails, et soyez prudent dans les escaliers étroits et parfois glissants. Cette dimension « archéologie en direct » fait du Wat Ratchaburana une étape incontournable pour les passionnés d’histoire de l’art.
Accessibilité depuis bangkok : distances, transports et durée de visite
Pour choisir entre Sukhothai ou Ayutthaya, la question de l’accessibilité depuis Bangkok est centrale, surtout si vous disposez de peu de jours en Thaïlande. Ayutthaya, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est la plus simple à rejoindre pour une excursion à la journée. Sukhothai, en revanche, se trouve à près de 430 kilomètres, ce qui implique un trajet plus long mais parfaitement réalisable sur un itinéraire vers le nord (Phitsanulok, Chiang Mai, Chiang Rai).
En pratique, on peut comparer ces deux destinations comme deux « cercles » autour de Bangkok : Ayutthaya relevant du périmètre immédiat des escapades faciles, Sukhothai s’inscrivant plutôt dans le cadre d’un voyage itinérant de plusieurs jours. Vous vous demandez combien de temps consacrer à chaque site ? Pour Ayutthaya, une journée pleine sur place (ou une journée et une nuit) suffit généralement à voir les principaux temples. Pour Sukhothai, il est recommandé de prévoir au minimum une journée et demie, voire deux jours, afin d’explorer à la fois la zone centrale et les secteurs périphériques.
Train state railway of thailand vers ayutthaya : trajet de 90 minutes
Le train reste l’un des moyens les plus authentiques et économiques pour se rendre à Ayutthaya depuis Bangkok. Les trains de la State Railway of Thailand partent principalement des gares de Hua Lamphong (en cours de transfert vers la nouvelle gare de Bang Sue Grand Station) et de Don Mueang, avec des départs fréquents tout au long de la journée. Selon le type de train choisi (ordinaire, rapide, express), le trajet dure entre 1 h 15 et 2 heures, pour un coût variant d’une dizaine à une centaine de bahts en fonction de la classe et de la climatisation.
À l’arrivée à la gare d’Ayutthaya, il suffit ensuite de traverser la rivière en petit ferry (quelques bahts seulement) ou de prendre un tuk-tuk pour rejoindre rapidement l’île historique. Si vous voyagez pendant les week-ends ou la haute saison (novembre–février), il est prudent de réserver vos billets à l’avance, surtout pour les trains express plus confortables. Pour les voyageurs pressés, des minivans au départ de la gare routière de Mo Chit constituent une alternative légèrement plus rapide, mais moins pittoresque que le train.
Bus VIP depuis mo chit vers sukhothai : 7 heures de route
Pour rejoindre Sukhothai par la route, les bus de classe VIP ou 1ère classe au départ du terminal nord de Mo Chit représentent l’option la plus répandue. Le trajet dure en moyenne 6 à 7 heures, selon le trafic, avec des départs matinaux et nocturnes. Les bus VIP, bien que plus chers que les classes standard, offrent des sièges plus confortables, parfois inclinables à 160°, la climatisation et un petit encas, ce qui rend la longue route plus supportable.
La plupart des bus arrivent à la gare routière de New Sukhothai, d’où vous pourrez facilement prendre un tuk-tuk ou un songthaew pour rejoindre votre hébergement ou l’ancienne ville. Si vous avez un budget serré mais du temps devant vous, cette solution par bus reste très compétitive par rapport à l’avion. En revanche, pour les voyages avec enfants ou si vous supportez mal les longues heures assises, il peut être intéressant de combiner bus et nuitée intermédiaire à Phitsanulok, par exemple, afin de fractionner le trajet.
Vol bangkok airways vers aéroport de sukhothai : option premium rapide
Pour ceux qui privilégient le confort et souhaitent optimiser leur temps de voyage, le vol intérieur de Bangkok à Sukhothai constitue l’option la plus rapide. Opéré principalement par Bangkok Airways, ce vol dure environ 1 heure 15, au départ de l’aéroport de Suvarnabhumi. Les tarifs varient en fonction de la saison et de l’anticipation de la réservation, mais il faut généralement compter entre 50 et 120 euros l’aller, ce qui en fait une solution plutôt premium par rapport au bus.
L’aéroport de Sukhothai, réputé pour son charme bucolique avec ses bâtiments de style thaï traditionnel et ses jardins soignés, se situe à une quarantaine de minutes en voiture de l’ancienne ville. Des navettes et taxis prépayés permettent de rejoindre facilement votre hôtel. Si vous prévoyez ensuite de continuer votre itinéraire vers Chiang Mai ou le nord, gardez en tête qu’il n’existe pas toujours de vols directs depuis Sukhothai, et qu’il peut être plus pratique de poursuivre par la route. Cette option aérienne reste idéale pour un voyageur pressé souhaitant combiner Bangkok, Sukhothai et le nord sans perdre une journée entière dans les transports terrestres.
Spécificités culturelles et périodes historiques distinctes
Au-delà de la logistique, le choix entre Sukhothai ou Ayutthaya repose surtout sur la période historique et l’ambiance culturelle que vous souhaitez découvrir. Sukhothai, capitale du XIIIe au XVe siècle, est souvent décrite comme le « berceau de la nation thaïe ». C’est là que l’alphabet thaï moderne aurait été codifié et que le bouddhisme theravada s’est solidement implanté comme religion d’État, sous l’impulsion de rois tels que Ramkhamhaeng. L’art de cette époque privilégie des lignes douces, des silhouettes de Bouddha graciles et une intégration harmonieuse des temples dans le paysage.
Ayutthaya, en revanche, incarne l’âge d’or de l’expansion siamoise, du XIVe au XVIIIe siècle. Capitale cosmopolite, elle tissa des liens commerciaux avec le Portugal, la France, le Japon ou encore les Pays-Bas, ce qui se reflète dans la diversité de ses influences artistiques et architecturales. Les temples y sont plus massifs, les prang plus élevés, et l’ensemble du parc historique donne une impression de puissance militaire et économique. Visiter Ayutthaya revient un peu à explorer le « Paris » ou le « Londres » de l’Asie du Sud-Est d’alors, tandis que Sukhothai évoquerait plutôt une Florence spirituelle à taille humaine.
Sur le plan de l’expérience culturelle contemporaine, Sukhothai séduit par son atmosphère rurale et tranquille, avec une vie de village encore très présente autour du parc. Ayutthaya, beaucoup plus proche de Bangkok, est davantage tournée vers le tourisme et la vie urbaine, avec plus de cafés modernes, de restaurants internationaux et d’hébergements de chaîne. Vous souhaitez vivre un festival traditionnel ? Sukhothai est particulièrement réputée pour la fête de Loy Krathong, en novembre, où des milliers de petites embarcations illuminées sont déposées sur les bassins du parc, créant un spectacle féerique. Ayutthaya, de son côté, organise régulièrement des reconstitutions historiques et des spectacles son et lumière qui mettent en scène son passé royal.
Infrastructure touristique et hébergement : old city versus nouvelle ville
Les infrastructures touristiques diffèrent sensiblement entre Sukhothai et Ayutthaya, et même à l’intérieur de chaque destination, entre la « Old City » et la nouvelle ville. À Sukhothai, la plupart des bus et services arrivent à New Sukhothai, une petite ville moderne située à une douzaine de kilomètres du parc historique. Vous y trouverez des guesthouses économiques, quelques hôtels de milieu de gamme, des restaurants simples et tous les services pratiques (banques, supermarchés, 7-Eleven). L’ancienne ville, quant à elle, propose un choix plus limité mais plus charmant de petites pensions et bungalows à proximité immédiate du parc.
Loger dans l’Old City de Sukhothai est un excellent choix si votre priorité est de profiter des temples au lever et au coucher du soleil, en réduisant les temps de transport. En revanche, si vous souhaitez davantage de vie nocturne et de services, New Sukhothai sera plus adaptée. Ayutthaya offre une palette plus large d’hébergements, allant des auberges bon marché aux hôtels de charme en bord de rivière, en passant par quelques établissements haut de gamme avec piscine. La plupart sont concentrés sur l’île historique ou juste au sud, à proximité de la gare.
En termes de restauration, Ayutthaya bénéficie de sa proximité avec Bangkok : cafés au design soigné, restaurants avec vue sur les temples, cuisine fusion et options végétariennes ou véganes y sont plus nombreuses. Sukhothai reste plus simple et authentique, avec des marchés de nuit typiques et de petites gargotes familiales où l’on déguste des spécialités comme les nouilles de Sukhothai ou le khao soi. Dans les deux cas, réserver votre hébergement à l’avance est conseillé pendant la haute saison (novembre–février) et lors des grands festivals nationaux.
Climat tropical et périodes optimales de visite : saison sèche versus mousson
Comme l’ensemble de la Thaïlande centrale et du nord, Sukhothai et Ayutthaya sont soumis à un climat tropical avec une alternance marquée entre saison sèche et saison des pluies. Pour visiter confortablement les parcs historiques, la période la plus agréable s’étend généralement de novembre à février, lorsque les températures sont plus modérées (autour de 25–30 °C en journée) et les précipitations moins fréquentes. C’est aussi la haute saison touristique, avec davantage de monde sur les principaux sites, mais les vastes espaces de Sukhothai permettent malgré tout de trouver des zones calmes.
De mars à mai, la chaleur devient plus intense, avec des températures qui peuvent dépasser 35–38 °C, rendant les visites en milieu de journée éprouvantes, surtout à vélo. Si vous voyagez durant cette période chaude, prévoyez de concentrer vos explorations de temples tôt le matin et en fin d’après-midi, en vous ménageant une pause à l’ombre ou à votre hébergement aux heures les plus chaudes. La saison des pluies, de juin à octobre, n’interdit pas de voyager, mais implique des averses parfois très fortes en fin de journée et une humidité élevée.
Ayutthaya, plus proche de la mer, peut être légèrement plus humide, tandis que Sukhothai, située plus au nord, voit parfois des nuits un peu plus fraîches en décembre–janvier. Les pluies ont aussi leur charme : les pelouses et rizières qui entourent les temples prennent alors un vert éclatant, et les bassins se remplissent de lotus. Toutefois, certaines zones du parc peuvent devenir boueuses ou glissantes. Dans tous les cas, pensez à emporter chapeau, crème solaire, poncho léger et chaussures qui supportent d’être mouillées. En adaptant vos horaires et votre rythme à la météo, vous pourrez profiter pleinement de Sukhothai comme d’Ayutthaya, quelle que soit la saison choisie pour votre voyage.